CONCERTS A VENIR
PERFORMER AT JAZZ EDUCATION NETWORK
Louisville 2012 USA
The best Jazz Conference on Planet Earth
VIDEO
http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=It8_JmimK8Y

J'ose penser que nous sommes nombreux parmi les aficionados déclarés du jazz à ne pas connaître William Galison. Une rapide recherche sur la toile permet de se rendre compte de cet "oubli" étonnant car il est bien évident que la musique de son harmonica nous la connaissons tous : les images et la bande sonore du film "Bagdad Café" sont à toujours dans nos mémoires et ses soli aux côtés de Sting, Barbara Streisand, Michael Dublé, Chaka Khan, Peggy Lee et plus récemment Madeleine Peyroux ; il est bel et bien celui qu'il faut avoir. "Toots" Thielemans déclare de lui en 2008 qu'il est l'harmoniciste le plus représentatif de la nouvelle génération des jazzmen et en fait son héritier virtuel, excusez du peu...
Deux écrins lui étaient réservés ce samedi soir au Hot. C'est avec le gang d'Olivier Truchot que nous l'entendons tout d'abord. Le répertoire sera choisi dans l'instant parmi les standards du Real Book, les arrangements à l'arrache souffriront d'une direction imprécise de l'Américain, cependant les compères sur scène ne sont pas des débutants et de bien belles choses vont se passer. Stella By Starlight, Desafinado, ces thèmes intemporels vont permettre de découvrir en direct un improvisateur d'envergure servi par une virtuosité évidente et une bien curieuse technique de jeu en accord, à l'octave, un peu comme Albert Mangelsdorff le faisait avec son trombone, nous aurions bien besoin de tout le savoir d'Elie Beraha pour nous renseigner un peu plus. Ce petit instrument qui tient dans la poche peut être personnel, avec un son propre. Les traits de virtuosité ne sont pas de l'esbroufe, ils sont là pour servir avec délicatesse et émotion. Emilie d'Henry Mancini, William est définitivement à l'aise avec son quartet lyonnais, pour s'assurer de la bonne tonalité, il chante les thèmes avant que l'orchestre démarre, puis des duos privilégiés avec Olivier et Thibaut François. Pour cette fin de set la chanteuse Kristin Marion monte sur scène, on le sait elle est une vraie "meneuse de revue" avec une voix chaleureuse, le vibrato qui va bien et tout l'héritage des grandes Dames du jazz vocal, de celui qui met la banane. Bye Bye Blackbird, walkin' bass en F en introduction, scat périlleux et contrechant de William. La température prend tout d'un coup 2°c, I Love You, For All We Know pour l'émotion, le sentiment.
Pour le deuxième set, les Grenoblois débarquent ; ce sont eux qui ont eu la riche idée d'organiser cette tournée régionale avec William, Philippe Martel s'installe au piano, Hélène Avice avec sa contrebasse, Romain Sarron, le héraut/héros lyonnais du soir dont la précision, le drive et l'à propos séduiront particulièrement l'hôte New Yorkais, retourne derrière ses futs et cymbales. Comme ils ont déjà joué ensemble, la cohésion est bien meilleure. C'est évidemment en hommage aux deux maîtres incontestés de l'harmonica que William Galison jouera le légendaire Bluesette de Jean "Toots" Thielemans et l'Overjoyed de Stevie Wonder, interprétations personnelles et révérencieuses. C'est l'occasion de découvrir Hélène Avice dansant autour de son instrument, elle est l'incarnation de la walkin' bass, avec justesse, musicalité, précision, une très jolie sonorité, elle nous donnera aussi quelques soli musicaux parfaitement construits ; à suivre d'urgence, j'ai comme l'impression que les pianistes vont se la disputer... Kristin remonte sur scène en "blues shooteuse", Everyday I Have The Blues, le hot devient un blues club ardent, William embouche le tout petit harmonica approprié et nous le connaîtrons aussi chanteur, scatteur complice de Kristin qui prend à nouveau la direction de l'orchestre pour emmener tout son monde vers de jolis moments de plaisir jazzeux.
Une belle soirée découverte d'un musicien original, inventif et attachant et cet échange Lyon - Grenoble qu'il convient de faire perdurer.
Philippe Simonci

Ce Mercredi soir à l'espace Bertet, à l'initiative de Philippe Martel et Kristin Marion, nous avons eu la chance d'entendre un des meilleurs représentants actuels de cet instrument, devenu le symbole de toute une musique américaine viscéralement liée à l'épopée du far-west, mais surtout à celle du blues et du jazz. Pour autant les Maîtres ont été aussi des Européens comme celui de William Galison- grand gaillard sympathique de 54 ans ! - avec le belge Toots Thielemans qui écrivait des valses ou des musiques de danse.
C'est d'ailleurs une valse écrite par Thielemans : Bluesette, interprétée ici avec un rythme cubo africain(excellemment exécuté par le batteur Valentin Martel), qui a mis la salle "en feu" dès le deuxième morceau ! Jonglant avec les notes à l'harmonica aussi bien chromatique "qui permet tout de même plus de variétés d'expression" nous dit William, que l'harmonica diatonique (plus petit et convenant mieux au blues plus "rudimentaire"), dans des morceaux parfois aux harmonies difficiles (overjoyed de Steve wonder), ce leader né a enthousiasmé le public présent.
William Galison n'a pourtant pas commencé sa carrière avec l'harmonica mais avec la guitare (dont il ne jouera pas ce soir) et c'est bien l'univers du blues qui l'aura marqué, blues qu'il va interpréter de façon magistrale dans le troisième morceau, avec le minuscule harmonica diatonique, poussé par un Philippe Martel au piano boogie wooogant à mort comme il sait si bien le faire .
On aura d'ailleurs noté les mimiques de plaisir de William à écouter les solos du trio, notamment l'éternelCaravan fait pour mettre en valeur le batteur, pour notre plus grand plaisir .
Le deuxième monde musical évident de William est celui de Stevie Wonder (dont le batteur est actuellement celui de son propre orchestre...) : et ses mélodies sophistiquées, difficiles, changeantes dans lesquelles la virtuosité de notre hôte de ce soir, reste étonnante. Tout y est : le souffle qui n'en finit plus, les effets de lèvres rythmiques, les sonorités bluesy sorties d'on ne sait où ! Une cadence infernale avec un volume dans les accords à faire trembler les vitres ...
On aura aussi découvert ses talents d'accompagnateur et de chanteur scat, lors des "duos-impro" avec la chanteuse Kristin Marion (ils nous ont notamment gratifié d'un beau blues avec le morceau fétiche de Kristin, le célèbre Stormy Monday; blues de T.Bone Walker, et un All of me interprété avec beaucoup d'humour).
Il a fallu quand même que cela s'arrête avec un thème symbolique : We are just friend. Spectateur attentif, et venu faire le bœuf au piano , Antoine Laville, a proposé de continuer de faire la fête ce dimanche après midi avec une master class d'harmonica suivi d'un concert duo avec les deux Maîtres ! Le pied ...
Catherine Ivanoff
Video at the Soupe aux Choux Jazz Club (Grenoble)
invited by SCOTT HAMILTON Quartet








"Ce qui m’intéresse, ce n’est pas le bonheur de tous les hommes, c’est le bonheur de chacun d’eux." (L’écume des jours - 1946) Boris Vian,1920-1959.
Reprise de la saison au Jazz Club de Grenoble avec un certain nombre de nouveautés : un abonnement à l’année pour les adhérents, une programmation qui présente des pointures : Lorenzo Minguzzi, Laurent Derache, Nicolas Folmer, Daniel Humair, le 7ème Festival de Jazz (du 17 au 22 octobre) à Fontaine, etc ... et toujours à 19h30 l’apéro-concert pour les couche-tôt ?
La prise de risque est élevée pour un duo, aussi il est remarquable de la part de Kristin Marion (chant) et Philippe Martel (piano) de proposer et d’assumer un tel choix. Bien connus et acteurs majeurs de la scène grenobloise et régionale voir nationale, c’est à une agréable ballade, rythmée par les standards d’une époque ou qualité musicale et swing riment avec joies et plaisirs, auquel le duo nous convie.
Joie de réentendre des plages qui ont en leur temps été magnifiées et gravées dans la mémoire collective par Bessie Smith, Billie Holiday ou Sarah Vaughan et Ella Fitzgerald, etc... Un réel plaisir d’écoute, tant les qualités musicales demandées par leur interprétation ne souffrent aucun désaccord pour leur exécution. Le voyage qu’ils proposent nous projette dans cette galaxie connue et méconnue de ces grandes années où le swing et le blues affrontent différents courants musicaux de jazz (be bop,cool jazz, etc...). Au programme, des compositions de Kay Swift/Paul James, Travie McCoy, Al Jolson, L. et W. Wilson, Cleo Henry, John Newton, Sammy Cahn/James Van Heusen, Earl Hines/Billie Echstine/Bob Crowler, Duke Ellington, etc... Que du beau monde !
C’est alors que l’on mesure la réalité de la dualité et le degré de complicité qu’exige cet exercice. Le résultat, dès les premières mesures, est à la hauteur des espérances. Le piano de Philippe Martel nous entraîne dans des méandres où le mélodique et l’harmonique se fondent avec la suavité naturelle de la tessiture de voix de Kristin Marion. L’alchimie des deux composantes est telle que l’on est quelque peu surpris, voir hébété, quand au terme de cette session tout s’arrête.
Au final, une excellente entrée en matière pour cette nouvelle saison au Jazz Club de Grenoble (plus de soixante ans d’existence) qui de surcroît a attiré la foule des grands soirs.
Alain Bailly

